Sylvianne Constant, présidente de Gestion d’immeubles Bien-elles

Publié le 01-12-2017

Sylvianne Constant, présidente de Gestion d’immeubles Bien-elles à Laval.


Gestionnaire de copropriété depuis 20 ans, Sylvianne Constant a commencé sa carrière par un gros défi soit le Sanctuaire de Mont-Royal, un immeuble de 925 unités de condos dont 220 Penthouses.

La clientèle? Des gens riches et célèbres du Québec qui ont des exigences particulières. «Nous avions même une Zamboni qui nettoyait le garage», se souvient-elle.

Imaginez. Face à un problème, plusieurs résidents communiquaient directement avec leur avocat plutôt que de s’adresser à la gestionnaire de l’immeuble.

De cette expérience, Sylvianne retient une chose : «advenant un litige, on continue de bien desservir tous les copropriétaires.»

Au Québec, déplore-t-elle, il y a trop peu de ressources pour les acheteurs de condominiums qui rencontrent des problèmes. «On ne peut pas tout régler à coups d’injonctions qui représentent des dépenses de l’ordre de 15 000$ en cour.»

Exemple floridien

Les États-Unis ont une longueur d’avance dans le domaine de la copropriété. «En Floride, compare-t-elle, il existe une Régie de la copropriété, l’équivalent d’un Ombudsman qui tranche les litiges.»

Aujourd’hui, la gestionnaire s’occupe d’environ 1000 portes situées dans des bâtiments à Montréal, Laval et sur la Rive-Nord. Son défi? Améliorer la vie de ses résidents.

«Vous savez, au cours des dernières années, les condos ont poussé comme de la mauvaise herbe et personne ne veut s’occuper des immeubles de 10, 20 condos parce que ce n’est pas payant.»

Stress

Dans son travail, Sylvianne Constant consacre 10% de son temps à régler des problèmes reliés aux bâtiments. «L’autre 90% est lié à des problèmes de nature humaine. Car beaucoup de gens pensent qu’en achetant un condo, le syndicat va tout faire pour lui.»

Vivre en copropriété, c’est comparable à une vie dans un gros village. L’agissement d’un propriétaire a souvent des conséquences sur les autres. Un soir, un monsieur de 40 ans, en état d’ébriété avancé, s’est endormi dans son bain alors que le robinet était ouvert. Résultat? L’eau s’est infiltrée dans les logements des étages subséquents.

Pendant quelques jours, la tension était à son comble dans l’immeuble. Il a fallu téléphoner à huit assureurs différents. Sylvianne a dû gérer le sinistre avec différentes compagnies d’assurances. Un beau casse-tête.

«Avec le vieillissement de la population, le gestionnaire d’un immeuble devient à la fois psychologue, pompier, concierge, responsable de la sécurité, bref, il faut s’adapter.»

Défis

Sylvianne Constant adore son travail. Elle a l’impression d’aider les gens. Ses conseils sont appréciés de la part de copropriétaires qui ont appris par exemple que leur immeuble avait un vice-caché. «Il a fallu prévoir une cotisation de 50 000$ pour régler le problème», précise-t-elle.

Dans tous les immeubles, elle se bute au même constat. «Le conseil d’administration ne veut pas être impopulaire. Il faut prévoir un montant suffisant pour les réparations imprévues», conclut-elle.

Par Annie Bourque 


  Les sujets traités sont offerts à titre d'information et ne représentent pas des avis juridiques.

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