Faire de l'argent en revendant son condo, c'est fini!

Publié le 24-05-2016

La firme de statistiques immobilières JLR Solutions financières publie les faits saillants de son étude portant sur la revente de copropriétés au Québec.

Ces dernières années, les mises en chantier de projets de condos ont pullulé, principalement dans la grande région métropolitaine, entraînant une hausse de l’offre et le ralentissement de la demande.

Ce phénomène a impacté directement la revente de copropriétés au Québec. C’est d’ailleurs ce que nous confirme la plus récente étude menée par JLR Solutions financières, portant précisément sur la revente de copropriétés neuves ou usagées, selon les transactions enregistrées au Registre foncier du Québec (ventes avec et sans courtier).

Sur 67 578 copropriétés achetées en 2012 ou 2013, 7 195 (11 %) d’entre elles ont été revendues avant le 31 décembre 2015. Sans grande surprise, 30 % ont été transigées à un prix égal ou inférieur au prix d’achat, contraignant plusieurs vendeurs à céder leur condominium à perte. Le portrait est pire à Québec; en effet, 37 % des reventes ont été effectuées à prix égal ou inférieur au prix d’achat dans cette ville où le marché de la copropriété est vraisemblablement au ralenti.

Difficile de se départir de son condo

Vendre son condo est donc devenu un fardeau ces dernières années pour les propriétaires qui souhaitent se départir rapidement de leur condo, sans perdre d’argent. Ils sont plutôt confrontés à de longs délais de revente et à une stagnation des prix, et ce, dans différentes régions du Québec.

Devant ce phénomène immobilier, la firme spécialisée JLR a décidé d’analyser la situation de plus près. Pour ce faire, son équipe a fait la répartition des ventes et a conclu que, selon les données colligées, le délai moyen entre l’achat et la revente d’un condo – du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2015 – était de 749 jours, soit environ deux ans. Le gain médian lors de la revente était de 3,9 %. Sur une période de deux ans, cette augmentation est similaire à l’inflation.

De plus, malgré un écart médian positif, 30 % des copropriétés ont été vendues à un prix égal ou inférieur au montant déboursé à l’achat. Dans ces cas, une perte ou une absence de gain était enregistrée, avant même le calcul des droits de mutation, des frais de notaire ou de courtage et autres frais de démarrage. Au total, 56 % des reventes ont été effectuées avec un pourcentage de rendement inférieur ou égal à 5 %, un gain qui se transforme souvent en perte une fois tous les coûts considérés.

Du côté du marché de la copropriété neuve, qui a connu un essor particulièrement important au cours des dernières années, il n’est guère étonnant d’apprendre que 2 851 des 7 194 copropriétés analysées pour l’étude aient été acquises neuves en 2012 ou 2013. Parmi ces propriétés, 29 % ont été revendues à un prix inférieur ou égal au prix d’achat (taxes incluses).

Pour les copropriétés acquises dans une transaction de revente, ce chiffre s’établit plutôt à 30 %. En fait, le gain médian pour les copropriétés achetées neuves était de 4,3 %, alors que pour les autres reventes, il était de 3,7 %. Ainsi, il semble que la croissance du prix ait été légèrement meilleure pour les copropriétés plus récentes. Toutefois, cela demeure une progression modeste.

Revente de condos neufs ou usagés difficile à Québec

Plus spécifiquement, dans la ville de Québec, la surconstruction de copropriétés a rendu le marché particulièrement difficile pour les vendeurs depuis quelques années. Selon les données de la Fédération des chambres immobilières du Québec, le délai de vente moyen d’une copropriété était de 135 jours dans la province en 2015, contre 154 jours à Québec. Selon JLR, la tendance est toujours à la hausse en 2016.

Avec des délais de revente plus longs, il n’est pas étonnant de constater un plus grand nombre de reventes à perte. Ainsi, pour la ville de Québec seulement, 37 % des copropriétés ont été revendues à un prix inférieur ou égal au prix d’achat, une proportion qui grimpe à 62 % en intégrant les reventes présentant des gains de 5 % ou moins. Ce sont des pourcentages plus élevés, respectivement de 7 % et 5 %, que dans l’ensemble de la province. Ces résultats corroborent le rapport de l’évaluation du marché de l’habitation de la SCHL qui indique que le niveau élevé de l’offre de copropriétés demeure inquiétant dans la RMR de Québec.

Reventes par le créancier et saisies de propriétés

Les reventes effectuées sans augmentation du prix étaient dans 5 % des cas réalisées par un prêteur qui avait repris la copropriété de l’emprunteur. Fait intéressant, parmi les reventes où la baisse de prix était de 15 % et plus, 33 % ont été effectuées par un créancier suite à la saisie de la propriété.

Ce type de vente s’opère fréquemment à des prix plus bas que le reste du marché puisque ces transactions sont souvent aux risques et périls de l’acheteur, c’est-à-dire sans garantie légale, alors que le vendeur/créancier souhaite généralement se départir de la propriété rapidement afin d’éviter de payer des frais d'entretien.

À l’opposé, parmi les reventes où le profit était de plus de 15 %, la propriété avait d’abord été acquise des mains d’un créancier, dans 6 % des cas.

Des pertes, mais aussi de légers profits

La firme conclut son étude en indiquant que plusieurs vendeurs ont dû essuyer une perte lors de la vente de leur copropriété. Cependant, la majorité d’entre eux ont pu enregistrer un léger profit avant le calcul des différents coûts reliés aux transactions.

Considérant tous les frais qui accompagnent la vente et l’achat d’une propriété, et en dépit du marché actuel, il est peu probable de sortir gagnant d’une revente après un court délai de possession. Du moins, présentement.

Parmi les vendeurs qui ont pu engranger un profit substantiel, il y a fort à parier qu’ils ont rénové leur condominium afin d’en augmenter la valeur.

Texte tiré de l’étude de JLR Solutions financières

  Les sujets traités sont offerts à titre d'information et ne représentent pas des avis juridiques.

Dans la même catégorie : Économie et statistiques

Augmentation des mauvaises créances en avril

Avec une forte hausse des préavis d’exercice et de délaissement, la tendance est plutôt négative.
  04-05-2016

L’impact du reBranding sur la valeur immobilière de copropriétés construites il y a plus de 20 ans

Depuis plusieurs années, le marché immobilier montréalais connait des fluctuations importantes causées…
  12-04-2016

Vente des copropriétés : hausse de 3% en mai

La vente des copropriétés au Québec a connu durant le mois mai une hausse de 3% en comparaison à mai 2015. 3431…
  21-06-2016
blog comments powered by Disqus