À quand une taxe pour les investisseurs étrangers à Montréal ?

Publié le 01-05-2017

En Colombie-Britannique, les investisseurs étrangers doivent payer une taxe de 15 % depuis août 2016. Récemment, l’Ontario vient d’adopter la même mesure pour éviter la surchauffe spéculative.

Verra-t-on le Québec imiter l’exemple des autres provinces? Il est fort peu probable compte tenu du faible pourcentage d’acheteurs étrangers à Montréal qui est évalué à 1,1 % selon la SCHL. En comparaison, cette proportion s’élève à 9,7 % dans la région de Vancouver, selon le gouvernement de la Colombie-Britannique et à 4,9 % dans la région de Toronto, selon le Toronto Real Estate Board.  

L’économiste à la SCHL, Tania Bourassa-Ochoa estime que les investisseurs étrangers est encore un phénomène marginal. « Il se peut qu’il y ait un mouvement vers Montréal, mais c’est difficile à dire et il va falloir attendre », dit-elle prudemment.

Pas de flambée de prix 

De son côté, Vincent Shirley, analyste au Groupe Altus est d’avis que l’augmentation éventuelle d’investisseurs étrangers à Montréal risque d’avoir un effet sur les conditions du marché. « Mais cela ne risque pas d’avoir un effet sur une flambée des prix à court terme en raison du marché actuel qui est davantage un marché de vendeurs. »

L’économiste Paul Cardinal de la Fédération des chambres immobilières pense la même chose. « Nous sommes loin d’une surchauffe compte tenu qu’il n’y a pas de pénurie de logements ni du côté de la revente, du marché du neuf ou du marché locatif. Dans ce contexte, il est difficile d’envisager une flambée des prix comme à Toronto », dit-il à Condo Propriétaire.

Qui sont-ils ? 

Le courtier immobilier Frandy Cherestal de Remax Mc Gill voit arriver dans son bureau du centre-ville de Montréal des investisseurs de l’Europe, de l’Asie. Souvent il s’agit de parents qui désirent envoyer leurs enfants étudier dans l’une des universités de la métropole. « Ils sont eux-mêmes surpris qu’il n’y ait pas de taxe pour les étrangers », dit-il.

L’analyste Paul Cardinal observe des immigrants qui aspirent à vivre à Montréal. « Il ne s’agit pas des spéculateurs, mais plutôt des étrangers qui désirent habiter ici. »

Raisons 

Plusieurs raisons les attirent dont la qualité de vie et le prix des propriétés parmi le plus faible en Amérique du Nord. De plus, récemment, Montréal a remporté le titre de meilleure ville universitaire au monde, déclassant Paris pour la première fois en cinq ans.

De son côté, le ministre des Finances, Carlos Leitao, surveille de près la situation dans la province voisine. En entrevue à Radio-Canada, samedi dernier, M. Leitao a été clair.

« Notre marché immobilier dans la grande région de Montréal est un marché équilibré, alors on ne voit pas vraiment de risque à ce niveau. Si on voit ce phénomène commencer, on pourra agir », explique le ministre.

Tout en reconnaissant que le marché de Toronto avait besoin d'être ralenti, le ministre des Finances du Québec souligne que les acheteurs étrangers ne sont pas les seuls responsables de la hausse de 30 % du prix des maisons dans la dernière année.

« Cette forte ébullition spéculative est due à des investisseurs étrangers, mais aussi aux investisseurs locaux. Ce serait trop court comme réponse de mettre tout ça sur le dos des étrangers », souligne-t-il.


Par Annie Bourque

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