Copropriétés en location à Montréal : un phénomène en progression

Publié le 01-05-2017

Depuis les six dernières années, la location de copropriétés à Montréal atteint une proportion inégalée, révèle une étude de la SCHL. En 2010, moins de 10 % des condos étaient offerts en location dans la grande région de Montréal* comparativement à 16 %, en 2016.

« Pour certains, l’achat d’un condo est une option temporaire, mais il y a de plus en plus de gens qui achètent une copropriété au centre-ville de Montréal pour en faire un investissement », explique Tania Bourassa-Ochoa, économiste à la SCHL.

200 unités 

L’analyse porte sur 200 unités qui ont été sélectionnées dans les secteurs du centre-ville de Montréal et de Griffintown. Le rapport fournit des données sur les flux de trésorerie liés à l’exploitation des copropriétés en location.  « On a vérifié le moment et le montant de l’acquisition de même que les revenus de location versus les dépenses dont l’hypothèque, les frais de copropriétés, l’impôt foncier, assurance habitation, frais d’entretien. »

L’étude ne tient toutefois pas compte des coûts liés à l’acquisition de la copropriété dont les frais de notaire ni de l’imposition à la fin de l’année.

Rentabilité 

On constate une relative rentabilité et ce, au terme d’une année d’exploitation. La moitié des copropriétés offertes en location inscrivent des « cash-flows » bruts positifs au centre-ville de Montréal et dans Griffintown. « Ceci correspond à un rendement brut d’exploitation moyen de près de 1 % de l’investissement initial », lit-on dans le rapport.

L’autre moitié, soit 54% des copropriétés, présentent cependant un rendement brut d’exploitation entre -5% et 5%. « Cela est redevable à des semaines ou des mois d’inoccupation », ajoute l’économiste.

Toutefois, le réel gain se situe dans la valeur de l’habitation au moment de la revente. « En 2000, le prix d’une copropriété était d’environ 193 000 $ et sa valeur est maintenant de 415 000 $ », précise Mme Bourassa-Ochoa.  

Avantageux 

Qu’en pense les courtiers immobiliers qui travaillent au centre-ville de Montréal ? « Acheter et louer un condo est avantageux à Montréal. On peut faire des profits », estime le courtier immobilier Frandy Cherestal de Remax Mc Gill.

Ce dernier cite l’exemple d’un investisseur achetant une copropriété à 259 900 $. M. Cherestal calcule qu’il restera un profit de 200 $ par mois ou 2000 $ à la condition de louer le garage attenant à la copropriété et de verser une mise de fonds de 20 %.

« En ce moment, la majorité des investisseurs achètent dans le but de faire d’abord un placement immobilier et pas nécessairement pour faire de l’argent rapidement », croit-il.

Doutes

Dans son analyse, la SCHL s’interroge sur la rentabilité d’investir dans la location d’une copropriété à Montréal compte tenu de la « construction soutenue » des condos.

« À l’heure actuelle, 4078 copropriétés sont en construction à Ville-Marie et Griffintown. Sachant qu’en moyenne, une copropriété récente sur trois se retrouve sur le marché locatif, on peut s’attendre à ce qu’environ 1250 unités soient offertes en location dès leur achèvement. »

Cela représente une hausse de 20 % de nouvelles copropriétés en location qui s’ajoutera au marché du centre-ville de Montréal. 

Baisse de prix 

De son côté, Frandy Cherestal voit concrètement le phénomène sur le terrain. « La Tour des Canadiens est un bon exemple. On a livré soudainement sur le marché 500 unités », raconte-t-il.  Dans ce projet, 70 à 80 % des acheteurs étaient des investisseurs désirant louer le logement.  « Certains ont dû revoir le prix de location à la baisse. Au lieu de louer un 3 1/2 à 1600 $ par mois, une cliente a loué pour 1400 $. »

Offre supérieure ? 

De son côté, l’analyste de la SCHL Tania Bourassa- Ochoa pense que l’offre sera plus élevée que la demande. « Car on assiste à une augmentation de construction d’immeubles locatifs traditionnels au centre-ville de Montréal », observe-t-elle.

Une vive compétition est à prévoir entre les copropriétés et les immeubles locatifs neufs qui offrent sensiblement les mêmes attraits aux consommateurs : gymnase, piscine, toit vert, etc.


*La grande région de Montréal comprend la métropole, Laval, Vaudreuil-Soulanges, Rive-Nord, Rive-sud.

Par Annie Bourque


Hausse de la progression de copropriétés en location à Montréal.

Source : SCHL


Location des copropriétés en chiffres.

 

  Les sujets traités sont offerts à titre d'information et ne représentent pas des avis juridiques.

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